Ascension du Mt Erciyes – Chez Aziz

Mont Erciyes

Nous pédalons maintenant sur une route très vallonnée. Devant nous, le Mt Erciyes. Le Mt Erciyes est un bon copain du Mt Hasan. Ces deux volcans, il y a plusieurs milliers d’années, ont fait les 400 coups ensemble. A grand renfort de crachats de lave et d’explosions, ils ont créé les improbables formations rocheuses de la Cappadoce. Pour mieux se rendre compte de l’ampleur du petit garnement, nous avons décidé d’escalader Erciyes Dagi. Nous nous rendons donc à Kayseri, au pied du volcan.

Erciyes au loin, dans la brume
Erciyes au loin, dans la brume

Aziz est un membre très actif de Warmshower (ce site qui met en relation des hôtes et des cyclistes ayant besoin d’un hébergement). Il nous accueille chez lui le temps de notre séjour à Kayseri.

Le lendemain de notre arrivée, nous laissons donc nos vélos et bagages chez lui et partons à l’ascension du volcan. La première étape consiste à se rendre en bas de la station de ski pour récupérer les clés du refuge et informer les secouristes de notre projet.
A 16h nous commençons à marcher sous les télécabines.

Stop télécabine
Je tente quand même du faire du stop, on sait jamais

L’homme qui nous a donné les clés est resté très vague quant à la localisation du refuge dans lequel nous devons passer la nuit. Mais après tout, on devrait trouver, il n’y a pas 36 maisons dans la montagne !
Et effectivement à 17h30 nous trouvons la maison. On se repose devant en admirant la vue avant de se décider à ouvrir…sauf que, la clé ne semble pas fonctionner. Nous avons 1h30 de soleil devant nous, nous décidons de poursuivre un peu, il y a peut être un autre refuge plus loin. En passant au delà d’un monticule, nous finissons par apercevoir quelques formes indéterminées au loin. Nous fonçons droit dessus, si ce n’est pas un refuge, on redescend.
Ce n’est pas un refuge… mais le camp de base, situé dans le cratère ! Alors que nous nous étions déjà préparées psychologiquement à redescendre, faute d’abri pour la nuit, nous voilà devant de grandes tentes pouvant accueillir confortablement une dizaine de personnes. Le sol est surélevé et entièrement recouvert de matelas et de couvertures. On ne pouvait pas rêver mieux !

Alors que les derniers rayons de soleil passent derrière l’arête du cratère, la température chute drastiquement. Ce sera dîner dans les duvets, bonnet et polaire exigés !

It's a bit chilly !
It’s a bit chilly !

A 6h le lendemain matin, nous sommes prêtes pour l’ascension. Le silence de la montagne est fascinant. Pas de bruit de moteur, de klaxon, pas d’appel à la prière ou de chiens qui aboient. Nous sommes seules au monde. Les parois du volcans, illuminées par le soleil matinal, sont oranges et rouges. La lune fait la grasse mat au dessus du sommet et semble nous montrer le chemin.

Il nous faut d’abord sortir du cratère pour rejoindre l’arête. Pour cela, rien de mieux qu’un bon petit éboulement. Lorsque l’on grimpe d’un pas, on en redescend de moitié. Heureusement ça ne dure pas, et après s’être débattues une heure dans les cailloux, nous voilà sur l’arête. D’ici, nous avons un aperçu plus complet de la route qu’il nous reste à faire. Un chemin d’environ deux mètres de large. D’un côté une pente vertigineuse qui descend vers le cratère (hooo on voit la maison d’ici !). De l’autre, une pente vertigineuse qui descend vers le pied du volcan. Et au loin, le sommet, perché sur un pic rocheux, dont on soupçonne quelques difficultés d’accès.
La balade sur la crête n’a rien d’une balade. La pente grimpe, le soleil tape, le vent souffle et parfois les cailloux glissent. Mais en tournant autour du cratère, notre point de vue évolue constamment et chaque avancée apporte son lot de “whaaa c’est trop beaaaau”.

A 12h nous arrivons au pied du pic rocheux qui doit nous mener au sommet. Nous avons deux options : Soit nous escaladons un mur de 20 mètres sans équipement. Soit on le contourne dans un éboulis qui, au moindre faux pas, nous mènerait 800 mètres plus bas.. Les sages paroles de nos chers parents résonnent alors dans nos têtes. Nous renonçons.

Nous arrivons chez Aziz à 18h. Le canapé semble nous appeler. Nous nous y écroulons et nous endormons dans la foulée. Notre hôte nous réveille à 21h, il a préparé un dîner gargantuesque pour nous remettre d’aplomb !

Aziz et la tartifletteAziz et la tartiflette
En retour, on lui cuisinera une tartiflette à la turque !

Aziz se définit comme un scientifique fou. En vérité il n’est pas fou. Ou alors fou de vélo, il en a 3 et aimerait en avoir 4 de plus. Il est astronome et effectivement il semble parfois avoir un peu la tête dans les étoiles. Passionné par les gens et les histoires de voyages, il a déjà hébergé plus de 600 personnes dans son appartement ! Il s’intéresse beaucoup à l’histoire de son pays et nous l’écoutons pendant des heures nous expliquer comment la politique, la religion et les coutumes s’y entremêlent. Il porte un regard extérieur et très critique sur ces sujets parfois tabou. Avec les étrangers comme nous il peut parler librement. Avec ses proches il pèse ses mots.

Nous resterons deux jours de plus chez notre hôte. Minimisant un maximum les mouvements de nos membres endoloris. Nous prenons tout de même nos vélos pour aller faire un tour en ville. Étrangement, nous ne déplorons aucune douleur musculaire lorsque nous roulons. C’est lorsque nous marchons seulement que notre corps nous rappelle, à grands coups de courbatures, notre incapacité à encaisser une journée de marche !

Il est finalement temps de quitter Aziz et nous voilà de nouveau sur la route. On roule, mais on ne pédale pas cette fois. Nous quittons la Turquie en bus, direction la Géorgie !

3 Replies to “Ascension du Mt Erciyes – Chez Aziz”

  1. C’est très bien Anaïs d’obéir sans même avoir tes parents dans ton champ de vision (quoique, ça semblait bien haut cette histoire de volcan …) !

  2. Je veux bien la recette de la tartiflette a la turque.

    1. C’est excessivement simple. Tu mets quelques oignons turcs à revenir dans une casserole turque. Pendant ce temps, tu épluches les patates turques et tu les coupes alternativement en forme de croissant de lune et d’étoile. Attention, surveilles-bien tes filous d’oignons turcs. Là, tu y rajoutes de la viande turque de non-porc, par exemple de vache. Une fois que c’est cuit, tu disposes tout ce beau monde dans un grand plat turc. Tu recouvres de fromage turc et de crème turque. Et hop, au four turc ! Tu le laisses une trentaine de minutes turques, puis tu appelles ton ami turc pour sortir le plat turc du four turc.
      N’hésite pas à nous envoyer des photos de ta réalisation !

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