ça sent l’écurie !

21h, Chaville, fin du voyage. On a les jambes un peu flagadas, on ressent un certain soulagement, une petite dose de fierté, un brin de tristesse nostalgique et...et surtout un grand bonheur à l'idée de revoir les copains et la famille

[Cet article arrive un peu tard, mais il arrive ! Nous avons bouclé ce périple le 12 septembre à 21h et depuis… et bien depuis on ne chôme pas non plus ! On racontera ça dans un prochain épisode, en attendant, voici les derniers coups de pédale du voyage !]

Nous passons notre première nuit en France dans… une écurie ! En ce début de mois d’août à Chamonix, il pleut des cordes et nous sonnons aux portes pour demander un abri, qui sera donc pour cette nuit une écurie. En plus d’un toit, on a le droit à quelques délicieuses tomates du jardin !

On s'installe à la place de Tornade
On s’installe à la place de Tornade

Les jours suivants nous nous familiarisons à nouveau avec le plat. Enfin le plat… disons que nous ne passons plus de col. C’est mieux, les longues descentes sous la pluie ont eu raison de nos patins de freins, et fidèles à nos habitudes ultra-économes acquises tout au long du voyage, nous n’arrivons pas à nous résoudre à acheter de nouveau patins pour les quelques jours de vélo qu’il nous restent avant l’arrivée.

Après avoir dévalé les étroites gorges de l’Arly dans lesquelles résonnent de temps à autres quelques éboulements lointains, nous retrouvons Véronique, la maman d’Elsa, venue nous retrouver pour pédaler avec nous les cent derniers kilomètres qui nous séparent de Grenoble ! Grenoble, fief de la famille d’Elsa, et donc logiquement passage obligé du périple.

Mère et fille sur les routes de France
Mère et fille sur les routes de France.

Et enfin, après deux jours sous un beau soleil d’août, nous voilà à Grenoble ! Petite parenthèse, on se demande si on ne va pas simplement arrêter le voyage ici… Non non, même nous on y croyait pas ! Allez, en selle, on remontera jusqu’à Paris !

Comme si on avait pas assez fait de dénivelé ces derniers temps !
Comme si on avait pas assez fait de dénivelé ces derniers temps !

Alors c’est reparti, après quelque jour de repos et une belle randonnée dans le massif de la Chartreuse, nous chargeons à nouveau les vélos. Nous on profitons pour faire un « petit » crochet par les Landes, pour rendre visite à ma famille. C’est drôle, la monotonie des routes landaises nous rappelle un peu le Kazakhstan. Ces routes sont trop droites et trop plates et le moindre virage qui se profile à l’horizon symbolise la promesse d’un excitant changement, et puis passé le virage c’est à nouveau une longue route plate, droite bordée de pin tout aussi droit. Enfin à la différence que dans les Landes, les odeurs des pins et des fougères sont pour moi les odeurs des vacances ! Et alors je pédale soudain beaucoup plus vite, et mon vélo a rarement été aussi léger ! L’idée de retrouver la maison familiale me fournit une énergie qui me semble inépuisable !

Dans les Landes, on se repose quelques jours, on profite de l’océan, et on repart ! Cette fois, mon grand frère nous accompagne pour quelques jours, Cap sur Bordeaux, puis Angoulême.

On continue a être incroyablement bien accueillies, comme ici à Angoulème ou même les vélos dorment dans le salon !
On continue a être incroyablement bien accueillies, comme ici à Angoulême ou même les vélos dorment dans le salon !

C’est la fin de l’été,  il fait bon, nous pédalons tranquillement dans la campagne française, vers la maison. La campagne française, c’est le Graal du cycliste, le fantasme que l’on n’ose imaginer tant il est osé : nous avons a disposition une multitude de petites routes en parfait état, très peu fréquentées, quelques voitures qui prennent leur temps, des cyclistes tout endimanché à la poursuite du tour de France, et de temps en temps un nouveau venu sur un vélo électrique flambant neuf qui se cale à notre hauteur sur quelques kilomètres pour faire un brin de causette.

Tous les 2 kilomètres, pause fruits de saisons : mûres, noisettes, figues...on se régale !
Tous les 2 kilomètres, pause fruits de saisons : mûres, noisettes, figues… on se régale !

Plus on se rapproche, plus nous pédalons vite. Nous qui étions si fière d’annoncer que nous ne pédalions rarement plus de 50 kilomètres par jour, signe d’un réel détachement de la course à qui sera le plus rapide et le plus endurant, nous, nous prenons le temps ! Et bien voilà que nos journées s’enchaînent à 90 Km, 100 Km, 120 Km ! Plus rien ne nous arrête, on veut rentrer à la maison. Pour occuper ces longues journées sur le vélo, et oublier nos fessiers qui deviennent douloureux, nous apprenons les départements et leur préfecture. Cap sur Bordeaux (« 33, Gironde ! »), puis Angoulême (« 16, Charente ! »). On fait notre calcul, nous devrions arriver dans dix jours, si on en apprend dix par jour, on les connaîtra tous à l’arrivée. Nous arrivons à peine à Blois (« 41, Loire-et-Cher !) qu’Orléans (« 45, Loiret ! ») est déjà en vue. On se rend vite compte qu’à notre nouvelle allure, il faut que nous apprenions plus vite ! On redouble d’intensité et on décide d’en apprendre vingt par jour…. Oups à ce moment là la roue arrière d’Elsa dit STOP ! La jante est fendue, il ne reste qu’une centaine de kilomètres ! Pas le choix, on achète une nouvelle roue. Et finalement, nous avons à peine le temps d’annoncer « 69 : Rhône, Lyon ! » que nous voilà devant le portail de mes parents, à Chaville. Fin du voyage on arrête le compteur, les autres départements attendront le prochain voyage…

Dernier jour : la jante dit flûte et lâche lâchement.
Dernier jour : la jante dit flûte et lâche lâchement. Fidèle à elle-même, Elsa ne peut se résoudre de laisser cette jante désormais inutile derrière, c’est sentimental je pense, après tout elle est là depuis le début du voyage..

 

21h, Chaville, fin du voyage. On a les jambes un peu flagadas, on ressent un certain soulagement, une petite dose de fierté, un brin de tristesse nostalgique et...et surtout un grand bonheur à l'idée de revoir les copains et la famille
12 septembre 2018, 21h, Chaville, fin du voyage.
On a les jambes un peu flagadas et l’esprit ailleurs, on ressent un certain soulagement, une petite dose de fierté, un brin de tristesse nostalgique et…et surtout un grand bonheur à l’idée de revoir les copains et la famille <3

[C’est un peu dur d’arrêter complètement ce voyage, alors on va un peu continuer ce blog, il nous reste quelques photos à publier, des vidéos… et peut être quelques articles. Restez dans le coin 😉

Et puis aussi : MERCI de nous avoir suivies ! On est toujours très heureuse de lire vos commentaires !]

3 Replies to “ça sent l’écurie !”

  1. C’est vrai que depuis le rocher Suisse j’attendais la dernière étape

  2. Génial ce récit des derniers km… Ca doit faire tout bizarre de revenir à une vie sédentaire par la suite !

    1. Effectivement, la réadaptation n’est pas forcément facile 🙂

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