Croatie

Croatie

Du 17.05.2017 au 21.05.2017 – de la Slovénie à Karlobag en Croatie

Pour passer la frontière avec la Croatie, nous devons descendre jusqu’à une rivière, le poste de frontière est au niveau du pont, puis remonter derrière.

Pour la descente, revêtement : nickel. Vue aux alentours : imprenable. Généreuse largeur des virages couplé à l’effet super-anti-aérodynamique des sacoches : optimal pour une utilisation très économique des freins. Bref, les 20 kilomètres qui nous séparent de la frontière sont vite dévalés.

La montée réunit les mêmes critères…et en est d’autant moins plaisante, le bonheur tient parfois simplement au sens de la pente.

Je constate avec joie que la taille des abribus rétrécit au fur et à mesure que nous avançons en Croatie. D’après ma théorie, c’est bon signe, ça signifie un temps plus clément !

Nous nous dirigeons vers les lacs Plivitce, donc dans les terres. Nous traversons la campagne, vallonnée, faiblement peuplée, plus pauvre aussi. Plus on avance et plus on attise les curiosités. On s’arrête sur notre passage pour nous faire des grands signes. On regrette de ne pas pouvoir échanger plus avec eux, seuls les jeunes parlent anglais.

Beaucoup de maisons sont à moitié construites. Certaines sont détruites, éventrées par des explosions, parfois criblées d’impacts de balles. Il y a 15 ans c’était la guerre et traverser ces champs de bataille nous fait froid dans le dos.

 

Champs de fleurs
Ce soir c’est campement sur un terrain de foot fleuri. La moitié des bâtiments du village derrière sont détruits et abandonnés

 

Après deux jours en Croatie, nous atteignons les Lacs Plivitce. Logés au fond d’une vallée, ils s’alignent sur différents niveaux et s’alimentent les uns les autres via des cascades. Les lacs font partie des grandes attractions de la Croatie, il y a plein de touristes, trop de monde, on ne s’attarde pas.

 

Lac Plivitce
Lac Plivitce

 

Maintenant on vise la mer ! Jusqu’ici nous n’avions eu que du beau temps en Croatie (la théorie des abribus s’est vérifiée). Mais aujourd’hui un nuage slovène a dû se perdre et est venu arroser notre journée. Ce n’est pas grave, on avait décidé de faire un jour de pause. On se trouve un abri près d’une maison municipale qui laisse gentiment dépasser des prises de courant pour qu’on puisse recharger nos appareils.

Et nous voilà parti pour Karlobag, c’est à dire la mer. Au programme de la journée une bonne partie de montée, et le meilleur pour la fin : 20 km de descente ! Ca grimpe mais grâce à nos fessiers en béton, nos cuisses en acier et nos mollets durs comme du bois, on arrive au sommet sans effort particulier….non c’est pas vrai. Personnellement j’ai très bien imité l’asthmatique en pleine crise. Enfin ça redevient plat sur 4 kilomètres et juste avant la descente, un petit tunnel. On passe dessous…et BAM ! Vent violent et vue incroyable sur la mer. Au large on aperçoit les îles croates, lunaire, désertique. Dans cette région, le vent vient plaquer le sel de la mer sur les terres empêchant toute forme de vie de se développer. On s’arrête un peu pour souffler….mais pas longtemps. A l’arrêt on peine à tenir nos vélos et le vent est glacial. Je commence à prendre peur pour la descente qui s’amorce. On se lance…une grosse bourrasque m’apporte ma première grosse frayeur. Impossible de s’arrêter de toute façon. Je continue, je n’ai aucune maîtrise sur le tremblement de mes jambes. A mi-chemin un panneau indique “Attention vent violent”. Sans blague ! Quand je suis un peu abritée j’essaye de me détendre un peu….le reste du temps je suis agrippée à mon guidon. J’essaye d’anticiper les caprices du vent…mission impossible. La route tournicote, et le vent semble changer de sens sans arrêt. Une violente bourrasque me stoppe net en plein virage. Je mets un temps infini à redémarrer à cause de mes vitesses qui étaient bien trop élevées. Ne pas paniquer, essayer d’arrêter de trembler…

Nous arrivons en bas les uns après les autres…les uns attendant les autres avec inquiétudes.

Bon ok. Le vent a certains avantages
Bon ok. Le vent a certains avantages

 

Désormais c’est facile, c’est tout droit. La route longe la falaise qui descend droit dans la mer. Le seul terrain plat c’est donc la route. Autant dire que pour trouver un spot de camping ça risque d’être coton.

Mais ou va-t-on camper ce soir ??
Mais ou va-t-on camper ce soir ??

 

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