Des nouveaux copains !

Nous reprenons la route à 4 avec deux nouvelles recrues, Cédric et Imad.

Cédric est une mini-tornade. Toujours à fond les manettes ! Toujours heureux aussi, et il partage volontiers son enthousiasme, sa phrase fétiche : “Youhouuuu plus que 8 kilomètres et en plus ça descend !” En fait ça monte, on a le vent de face et il nous reste une bonne trentaine de kilomètres. Mais ça n’a pas d’importance pour Cédric, et il part attaquer cette côte, la clope au bec, la musique à fond en chantant dans un franglais parfait “fride frome disaïeur, malalala is nananafaïd !”. Il est parti de Paris il y a huit mois et a rencontré Imad sur la route deux mois plus tôt.

Imad est Canadien, il est parti de Lisbonne il y a trois mois. Son but est de rejoindre la Chine où il aimerait ouvrir un restaurant vegan ou une auberge de jeunesse. Lorsque quelqu’un vient nous parler, c’est très souvent en géorgien ou en russe et on ne comprend pas grand chose. Imad ne se démonte jamais, il répond en expliquant son projet via forte mimique. Pour imiter la Chine en langage universel, il se pince les yeux, et danse sur ses orteils en chantant “ting ling ling ling”. Ce grand fan de karaoke chante sans arrêt, David Bowie, Les Cow-Boys Fringuants ou Pink Floyd rythme nos journées.

Ils sont un peu plus rapides que nous sur leurs vélos, mais ils ont une petite faiblesse. Ils ne se l’avouent pas vraiment, mais ils font en fait un tour des bars du monde à vélo, alors dès qu’ils en voient un, ils s’arrêtent, prennent une bière, et c’est à ce moment là qu’on les rattrape !

Nous quittons donc Kutaisi. Après deux jours de promenade à travers des petites routes de campagne tout en collines verdoyantes, nous arrivons au Katskhi Sveti, un pilier rocheux coiffé d’un monastère. Tout ce qu’il y a de plus banal dans la région, puisqu’il semblerait que les moines géorgiens aient un goût très prononcé pour l’alpinisme. On trouve des monastères perchés à tous les coins de falaises. On en visite quelques uns et passons notre chemin pour les autres.

A 500 mètres du pilier, nous sommes accueillis par deux couples d’allemand qui voyagent en camionnette aménagée. Ils se sont eux même rencontrés la veille et comptent camper ici quelques jours. Nous décidons d’établir notre camp à côté pour profiter de la soirée tous ensemble.

Pour l’occasion, nous préparons un gigantesque feu de bois, fabriquons des bancs avec des planches et des cailloux. Le temps se gâte, on monte un abri avec une la bâche de Cédric. Grave erreur. Depuis le début de notre périple, selon une théorie très sérieuse, la pluie ne s’invite que… lorsque nous avons un abri. On passera la soirée à naviguer entre le feu de camp et l’abri, en fonction des averses. Averses qui finissent par être continues et agrémentées de violents orages… les éclairs déchirent le ciel dans d’assourdissants craquements qui résonnent longtemps dans la montagne. On passe une mauvaise nuit.

La soirée peut commencer !

 

L’abri a tenu toute la soirée !

Pour se remettre d’aplomb, on décide que le lendemain sera journée de rien, ou sinon de peu, soit 12 kilomètres de descente pour rejoindre Tchiatoura. La ville de Tchiatoura est accrochée aux falaises qui l’entourent par une multitude de câbles de téléphérique. Certains transportent des cailloux, d’autres des gens. Cette ville exploite les falaise pour la production de manganèse depuis 1879. Nous décidons de prendre un hôtel et d’aller faire un tour dans l’un de ces téléphériques. C’est un peu comme si tout était mis en place pour nous faire peur. Comme dans ces parcs d’attractions avec de vrai faux petits trains rouillés. Un vieux monsieur édenté et bourru nous ouvre la porte. Une sonnerie stridente et c’est parti pour l’ascension dans un doux bruit de ferraille fatiguée. Mais comme chaque année depuis 1879, le câble tient bon, c’est sains et saufs que nous arrivons en haut, et même, en meilleur état que si nous avions fait le trajet à vélo. En haut, à première vue, la mine semble totalement abandonnée… jusqu’à ce qu’un convoi de camions de chantier plein à craquer débarque. Tout ce petit monde fonctionne encore très bien visiblement !

A bord du téléphérique

La veille de notre arrivée à Tbilissi, nous affrontons un vent de face sur les 60 kilomètres de la journée. Heureusement un spot de camping parfait nous attend, au bord d’une rivière, à l’écart de toute civilisation. Pour le dîner ce sera saucisse grillée au feu de camp. On a l’impression d’être des cow-boy, comme dans Lucky-Lucke. Un vieux train de marchandise passe sur le pont en fer qui enjambe la rivière. Imad voit même des indiens, sur leurs chevaux, prêts à dévaler la colline en face !

Saucisse grillée au feu de bois !

Le vent souffle, infatigable. La tente claque et couine, nous ne fermons pas l’œil de la nuit. Au petit matin, le vent souffle toujours. Il fait froid maintenant. On ressort les vêtements d’hiver qui ont une odeur de fond de sacoche.

Un petit feu pour se réchauffer de bon matin

Départ face au vent toujours. Direction plein Est et en plein dans les gros nuages aussi noirs que menaçants. On ne s’inquiète pas outre mesure, si nous n’avons pas d’abri, il ne pleuvra pas. Nous arrivons à Tbilissi à 17h. Mes parents nous offrent un hôtel (oh chouette !). On cherche, on négocie, on s’installe et on se dépêche d’aller mettre les vélos à l’abri car… il commence tout juste à pleuvoir à grosses goûtes !

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