Jachoong et les asticots surgelés

Nous nous séparons de Jachoong après un dernier restaurant

[Dans le dernier épisode, les asticots ont été recueillies pour un petit déjeuner au chaud après une heure et demi à pédaler contre un vent glacial. Arrivées au bout du rouleau, elles en repartent au début du rouleau et prêtes à en découdre]

Nous repartons donc toutes fringantes en poussant le vent de toutes nos forces. Nous avons encore quatre-vingt kilomètres à parcourir avant d’arriver chez Jachoong, notre hôte de ce soir… Mais le vent souffle toujours, le froid perdure et pour couronner le tout, désormais, ça grimpe. L’avantage lorsqu’on grimpe, c’est qu’on se réchauffe… certes, mais on transpire plus, et lorsqu’on s’arrête on se pèle les miches ! Après une interminable ascension donc, nous arrivons en haut du col !

Ce tunnel marque l'arrivée au col
Ce tunnel marque l’arrivée au col

Le vent s’est un peu calmé, il ne reste plus que cinquante kilomètres, principalement en descente. Il est seize heures, il faut quand même pas trainer si on veut arriver avant la nuit. La route bascule, on relâche les muscles et hop on dévale la pente. Aïe pas pour longtemps. A cette vitesse, les moins douze degrés s’engouffrent dans la moindre parcelle de nos vêtements. Nous sommes à nouveau frigorifiées, incapables de continuer. On se réfugie dans un petit restaurant.

Restaurant coréen
Lessivées et congelées on commande à manger.

La nuit commence à tomber, plus question de pédaler à nouveau aujourd’hui. Nous prévenons Jachoong, on va essayer de trouver un endroit où dormir dans le coin. « Bougez pas, j’arrive ! », nous répond-il. Et une heure plus tard, le voilà avec une petite camionnette pour les vélos et un ami avec une voiture pour nous. Le temps de charger sacs et vélo et nous filons sur l’autoroute, confortablement installées dans de moelleux fauteuil. Elsa s’est endormie, je lutte un peu contre le sommeil pour profiter de l’agréable sensation de somnoler dans une voiture.

Jachoong et son ami nous emmènent au restaurant, on ose pas lui dire que nous avons déjà mangé. De toutes façons, on peut encore bien manger un repas complet ! On adore la cuisine coréenne. En général, chacun a un bol de riz, on commande en plus un plat principal qui se présente dans un grand plat au centre de la table et qui s’agrémente d’une multitude de petits plats : épinards, poissons, champignons, choux… Tout le monde pioche dans chaque plat avec ses baguettes.
Après ce second dîner, Jachoong nous emmène dans un studio dont il nous laisse les clés. Il nous recommande de dormir tout de suite et nous propose de rester deux nuits « pour vraiment bien vous reposer ». Ha oui on doit pas avoir des mines folichonnes ! On accepte les deux recommandations sans discuter.

Le lendemain, nous rejoignons Jachoong pour déjeuner. Il nous invite dans un restaurant où, cette fois-ci, on nous sert à chacun un petit poulet, entier, qui mijote dans une soupe. Et on mange ça avec des baguettes. Sans rentrer dans les détails, ce fut folklorique. Heureusement, ici, les bonnes manières à la française semblerait un peu trop prétentieuses, on mange comme on peut.

Pour remercier nos amis, on cuisine des crêpes avec les moyens du bord
Pour remercier nos amis, on cuisine des crêpes avec les moyens du bord

Jachoong a cinquante ans, il à déjà fait plusieurs voyage à vélo et possède un magasin de vélo dans la banlieue de Wonju. Il passe en revue nos montures et en profite pour resserrer quelques câbles… Comme nous avons l’âge d’être ses filles, notre hôte a décidé qu’il nous traiterait comme telles.

Le lendemain, il ferme donc à double-tour son magasin, prend son vélo et nous accompagne sur une quarantaine de kilomètres.

 

Le lendemain, il ferme donc à double-tour son magasin, prend son vélo et nous accompagne sur une quarantaine de kilomètres. Il sécurise chaque carrefour à la manière du prof d’EPS qui fait traverser ses 6ème B, et de temps en temps, il pique un sprint et nous attend quelques centaines de mètres plus loin pour nous mitrailler de photos.

Jachoong ne loupe pas une occasion de nous prendre en photo
Jachoong ne loupe pas une occasion de nous prendre en photo

A midi, nous nous séparons et après encore une quarantaine de kilomètres, nous arrivons chez mes cousins, installés à Séoul depuis trois ans.

2 Replies to “Jachoong et les asticots surgelés”

  1. Salut les filles, petit message de France où il est 8h45 et je sirote mon thé en lisant vos derniers billets sur la Corée. Paradoxalement à votre gelage de miche, ça fait tout chaud au coeur. Je vous souhaite une bonne route aujourd’hui, demain et après après demain etc. En tout cas je suis heureuse de ma pause dejeuner ce matin, dès que j’y pense de nouveau je remonte en selle le temps d’une lecture.
    Pleins de bisous
    Marie Bordel.

    1. Merci ma mie, on est très heureuses de vous avoir accompagnée le temps d’un petit dej 🙂 Des bisous et à tout bientôt !

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