Jolie Slovénie

Slovénie

Du 06.05.2017 au 15.05.2017 – Slovénie

Et hop la Slovénie !

Pour notre première nuit nous sommes attendus chez Matej, à Kamno, tout petit village près de Tolmin. On a hâte d’échanger avec un Slovénien. Mais finalement…sur les deux jours que nous avons passé chez lui nous l’avons aperçu que 2 minutes. Matej travaille de nuit, la journée il dort. Bref il a juste eu le temps de nous ouvrir la porte pour nous montrer la maison avant d’aller se recoucher.  Nous repartons donc sans croiser notre hôte, un peu déçus mais content d’avoir eu un toit pour ces deux jours pluvieux. Et oui parce qu’en Slovénie, il pleut !

Et ça tombe mal parce que nous avons décidé de traverser les montagnes pour aller voir les fameux lacs de Bohinj et Bled. Nous avons étudié toutes les possibilités, la plus simple reste de passer ce col à 1277 m pour y aller. Aïe. A vélo chargé, le pass s’annonce coton. Depuis quelques jours il fait froid, des averses s’abattent régulièrement sur nous…on est vraiment au Printemps ?

L’ascension commence.

11h30 : averses. Pas grave, pause déj dans un abribus.

16h : re-averse. Pas grave, pause goûter sous un abri.

Nous sommes maintenant à 800 m, plus que 400 ! Mais des panneaux semblent indiquer que la route est en construction. Zut ! Un ouvrier descend justement à vélo, on l’arrête. La route est effectivement fermée, mais à vélo ça passe nous dit-il. Parfait !

– Mais vous pouvez dormir chez moi, j’ai une auberge juste là, il va pleuvoir et au col il fait très froid en ce moment.

Alors là, on ne peut pas refuser. Il nous ouvre une chambre. Bon le plafond fuit, il y a des trous dans les murs, mais on a des vrais lits !

 

Heureusement qu’on ne dort pas sous la tente, ça caille !
Heureusement qu’on ne dort pas sous la tente, ça caille !

 

On veut cuisiner des crêpes pour le remercier, mais il s’en va sur son vélo. En fait il n’habite pas là et a juste ouvert une chambre dans (son ?) auberge. Il repassera demain à 7h.

Le lendemain matin on décide de se battre un peu avec le réchaud (toujours cassé) pour faire du café. Rudolf, notre hôte donc, arrive. Il check le réchaud, bidouille un peu…et hop ça marche ! Incroyable, ça fait une semaine qu’on galère ! ça nous réchauffe un peu…heureusement parce que ce matin il fait 3,7 degrés. Bonnet, manche-longue, pull, k-way : on se couvre pour attaquer la montée.

 

Ambiance bonnet-sous-le-casque
Ambiance bonnet-sous-le-casque

 

200 m plus loin on se retrouve en t-shirt. C’est rude, je pousse mon vélo sur la moitié du trajet…

Mais l’arrivée au col vaut le coup ! On aperçoit la neige à  200 m au dessus de nos têtes sur des rochers. Vite, on s’habille : je me retrouve avec deux pantalons, deux pulls, mon k-way, bref je ressemble à rien et j’ai froid.

On ne s’attarde pas trop, la descente s’annonce…vivifiante. Un peu trop même ! Après un kilomètre je suis complètement congelée : Je m’arrête, et enfile mes chaussettes en merinos par dessus mes gants, trop froid aux mains.

Nous dévalons les 15 km de descente à 50 km/h, crispés sur le guidon. A l’arrivée on sent déjà la différence de température et les courbatures dans les bras et les épaules.

Et surprise, on croise 4 autres cylco, des français de notre âge qui terminent leur tour d’Europe. On déjeune avec eux et décidons d’établir le campement tous ensemble près du lac Bled. Le temps est toujours aussi incertain, le ciel est lourd et nuageux, des averses viennent régulièrement nous pousser à trouver un abri.

Nous n’avons pas eu un jour sans pluie en Slovénie
Nous n’avons pas eu un jour sans pluie en Slovénie

 

Nous avons deux jours pour rejoindre Rovte, petit village près de la capitale, où nous sommes attendus. Nous campons près de Kranj, pas facile de trouver un campement ce soir là, ça sera donc sur une sorte de parking près d’une rivière. On profite d’une éclaircie pour dîner et on va vite se réfugier dans nos tentes pour se mettre à l’abri.

Le lendemain on continue à passer entre les gouttes. On s’arrête pour faire les courses : grosse averse. Pause dej. Ciel menaçant ? Abribus…et ça loupe pas, averse. Héhé, on est au sec. Pays pluvieux, abribus spacieux.

Et on repart, sous le soleil ! On ne l’avait pas vu depuis trop longtemps, ça a duré qu’une heure, mais c’était quand même plus agréable de dorer doucement au soleil plutôt que de cuire dans les k-way.

On arrive chez Veronika en fin d’après-midi. Douche, lessive, au chaud et au sec, que du bonheur !

Veronika et son mari ne sont pas là ce soir, ils nous laissent la cuisine et de quoi manger. Mais on est un peu confus, on n’a pas vraiment compris ce qu’on devait manger. Et doit-on faire cuire, réchauffer les plats ? Bref, on tente, on goûte et on croise les doigts pour que nous ne nous soyons pas trompés dans la manœuvre.

Aucune idée de ce qu’on mange !
Aucune idée de ce qu’on mange !

 

Veronika rentre.

– Ho mais vous avez tout mangé ! Ho et j’ai oublié de vous préciser quelque chose !

A ce stade nous sommes tous les 4 en proie à un fou rire nerveux intense. Elsa va se réfugier dans les toilettes pour exploser de rire. Marion se détourne. Gaël et moi faisons face.

En fait tout va bien, elle avait juste oublié de nous donner du pâté en plus à mettre dans le plat. Ouf !

Cela fait désormais une semaine que nous sommes en Slovénie. Nos échanges avec les slovène deviennent de plus en plus intense au fur et à mesure que notre vocabulaire s’enrichit.

– Dobordan ! Voda ? (“Bonjour monsieur ! Comment allez-vous ? Nous faisons un voyage à vélo et nous n’avons plus d’eau. Pouvons nous remplir nos gourdes chez vous s’il vous plait ?”)

*Hochement de tête – se dirige vers le fond du jardin* (“Ha mais bien sûr ! Venez, remplissez vos gourdes ici, l’eau vient du fond du jardin, elle est farouchement bonne.”)

Les averses continuent. Elles sont intenses mais brèves. De temps en temps c’est un gros orage, sinon un peu de grêle. On commence à avoir l’habitude, on les voit arriver au loin, on cherche un abri, on patiente un peu et on repart jusqu’au prochain abri.

 

Ouuh les vilains nuages qui arrivent
Ouuh les vilains nuages qui arrivent

 

A 20 Km de la frontière croate, dans le tout petit village de Stalcerji, nous nous apprêtons à camper dans le jardin d’une gentille grand-mère qui nous avait donné son accord. Alors qu’on sirote un thé fumant en l’écoutant parler slovénien sans rien comprendre (on apprendra plus tard qu’elle essayait de savoir si on avait faim pour nous donner à manger !) un gars et une fille viennent nous proposer de dormir au chaud dans la salle des fêtes/caserne du village. Trop bien ! On y restera une journée entière et deux nuits, histoire de laisser passer le mauvais temps. On a donc pu se balader un peu dans le village et prendre un verre avec Tea, la fille qui nous a ouvert la salle. On apprend alors que tous nos faits et gestes sont épiés et lui sont rapportés ! On a joué aux cartes devant le bar, elle est au courant. On a demandé de l’eau à telle personne, elle sait. On a fait nos courses dans le village d’à coté, elle sait aussi, la vendeuse l’a appelée pour lui dire. Nous sommes “Tea’s french guys” et d’après les gens du bar, on est des gens bien puisqu’on mets nos déchets à la poubelle ! On apprend aussi qu’un voisin de la grand-mère chez qui nous devions camper est venu trouver Tea pour lui dire qu’elle n’aurait pas dû nous déloger, il n’avait pas compris qu’elle nous avait en fait simplement upgrade !

Demain, la Croatie. On croise les doigts pour avoir un temps plus plaisant !

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