Cap sur la Cappadoce – de Konya à Urgüp

Âne turc sur fond de paysage turc

Naci et son camion nous ont téléporté 300 km plus loin et nous reprenons la route dans un paysage étonnant. Nous naviguons entre des collines jaunes et velues. On se roulerait bien dedans ! Nous arrivons dans un minuscule village, Karakaya, après quelques éprouvantes côtes. A peine sommes-nous arrivés que papy nous installe devant son garage, il sort des coussins, va chercher du pain tout chaud, du thé, du café, des fruits. Très vite tout le village est au courant, des touristes sont là ! Nous discutons avec le Mukhtar (le chef) du village. On peut rester pour la nuit, on nous installe dans une petite salle tout en coussins et en tapis. Mais pas question de faire dodo tout de suite, il y a un programme. On monte dans une grosse remorque avec tous les enfants, totalement surexcités, et on parade dans le village. A chaque maison, on s’arrête “Vise un peu ce que j’ai dans ma remorque !”.  Une femme nous tend finalement un plateau, notre dîner pour ce soir, des sortes de pizza fromage et aubergine. On se régale !

Elsa et l'enfant
Les enfants de Karakaya sont vite devenus nos amis

Le lendemain matin, on a rendez vous avec  Mustafa et Umit, 13 ans. Ils vont nous faire visiter une grotte qu’ils ont découvert. Nous suivons nos deux jeunes guides à travers ces collines jaunes, l’occasion de découvrir l’origine de cette étrange couleur : une multitude de chardons aussi secs que des abricots secs et des cailloux durs comme mes mollets. On a un peu  moins envie de se rouler dedans finalement. Mustafa demande le téléphone de Matthis, via Google Translate il écrit  “Vous revenez l’année prochaine ?”. On aimerait bien !

Umit, Mustafa et les montagnes jaunes
Umit, Mustafa et les collines jaunes

Après quelques jours en rase campagne, on arrive en ville. Nous mettons en place le plan “Dodo Downtown”. Direction la station essence où il est souvent assez facile de camper. Mais un client nous oriente vers la Mosquée “c’est mieux qu’ici”. La mosquée est entourée d’une pelouse digne du terrain de golf privé de Buckingham. Douce nuit en perspective . Mais l’imam n’est pas là, et on n’ose pas entrer… Des passants nous conseillent l’école. A l’école nous rencontrons Ismaïl. Finalement on dormira chez lui. Nous faisons alors la connaissance de ses enfants, sa femme, ses cousins, ses oncles et tantes, ses frères et soeurs, ses grand-parents, ses neveux et nièces…On mange tous ensemble, assis en tailleur autour d’une table basse. On découvre une étrange manie de nos amis turcs, qui mettent la nappe sous la table.

Chez Ismaïl
Dîner en famille

Un autre soir, l’histoire se répète, mais les étapes sont différentes. On vise la mosquée. On nous propose plutôt le caravansérail. Dommage il est utilisé pour un mariage ! On aurait adoré dormir dans ce lieu mythique destiné  à l’accueil des caravanes de marchands. Bon, à la place, on peut dormir dans l’appartement qu’Umit loue pour ses pigeons. Non, en fait Umit change d’avis, les pigeons ça sent pas bon. Direction l’hôpital où nous finissons par planter la tente. On passe la soirée avec les ambulanciers de garde. Au programme : fous rires et graines de tournesol.

Nous sommes désormais en Cappadoce. Bruno est un ancien guide touristique français. Il connaît la région comme sa poche. Il possède un petit appartement à Urgüp qu’il habite les trois mois d’été. Il vient ici en vacances seul et invite le monde entier chez lui. A notre arrivée il y a déjà beaucoup de voyageurs. Sergeï et Julia viennent d’Ukraine, Daniel d’Allemagne et Tomasz de Slovaquie. Au cours de notre séjour nous rencontrerons d’autres voyageurs venus de République Tchèque et d’Argentine. Le salon est un dortoir, des matelas dans tous les sens, des sacs à dos et quelques objets oubliés par les précédents. Pour chacun de ses invités, Bruno redevient guide touristique. C’est menu personnalisé pour chacun. Nous optons pour la formule 0€ de budget visite avec supplément trois jours. Il sort la carte de la région et établi le plan d’attaque:  “Demain vous ferez du stop en direction d’Avanos. Si votre chauffeur prend à gauche à la seconde bifurcation, restez dans la voiture. Sinon sortez et continuez à pied. Au caillou en forme de dromadaire, traversez la route. Si vous avez le soleil dans les yeux continuez à marcher. Sinon allez tout droit en prison sans passer par la case départ.” On ne retient pas tout, mais on profite de ses bons conseils et passons trois jours à vadrouiller dans un décor surréaliste, taillé par des explosions volcaniques successives et la force des éléments. Et, pompon sur la Garonne, au détour de chaque caillou, on découvre des maisons trop glodytes et des églises hyper glodytes. 

Le paysage volcanique de la Cappadoce
Le paysage volcanique de la Cappadoce

Enfin, il y a les célèbres montgolfières. Imposantes et non moins élégantes dames de la Cappadoce, elles sont farouches et ne se laissent apercevoir que quelques heures au levé de soleil. Réveil à 5h donc. Mais on s’en fout. C’est les vacances ! Enfin pas pour tout le monde, Matthis doit finir ses devoirs, il rentre en France. Nous continuons l’aventure à deux.

On assiste au réveil des montgolfières
On assiste au réveil des montgolfières

En ce moment, c’est Bayram. Les turcs profitent de  quatre jours de vacances pour cette fête religieuse. Le dernier jour,  ils se réunissent en famille et font de grands barbecues. La tradition veut qu’ils offrent 50% de leur repas. A 16h ce jour là, alors que nous prenions notre pause goûter, nous nous retrouvons soudainement attablées avec des monticules de köfte (boulette de viandes à se rouler par terre) dans nos assiettes.

“Yemek, yemek !”. (Mangez !)

“Tamam !” (Ok)

On réalise qu’ils sont une vingtaine, nous ne sommes que deux, s’ils comptent nous donner 50% du repas, on est mal barré ! On repartira avec les sacoches pleines à craquer de ce que nous n’avions pas réussi à manger.

Le lendemain, sur la route, nous nous arrêtons devant une maison pour remplir nos bouteilles. On y restera deux heures. Nous prenons alors conscience que nous sommes certainement passées à côté de notre carrière de mannequin. Séance shooting photo avec le bébé, avec mamie, sur le toit de la maison, devant la montagne, devant les vaches, sur la balançoire, devant la yaourtière, dans le garage, sur les vélos. On en sort avec les zygomatiques en coton !

Avec bébé
Avec bébé

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