Le long du Danube et à l’ombre des pommiers

Surprise du matin alors qu'on campait pas loin d'une maison

Deux semaines plus tard nous remettons les sacoches sur les vélos, nous rejoignons le Danube et nous dirigeons plein Est !

Le long du Danube, c’est évidemment très plat, mais nous peinons à avancer. Nous sommes bloquées à 10 km/h, parfois 7 km/h… pendant quatre jours, nous nous battons contre un fort vent d’Ouest, qui en plus de nous freiner nous apporte pluie et orage. Nous pédalons sur l’EuroVélo 6, une piste cyclable faisant partie d’un vaste réseau d’itinéraires cyclables à travers l’Europe. Le premier jour, je compte treize autres groupes de cyclo-touristes. C’est un véritable choc, nous avions très peu croisé d’autre cyclos durant notre périple, et lorsque ça arrivait, nous nous arrêtions systématiquement et avions en général des tas de choses à nous raconter. Comme si on retrouvait de bons amis de longues dates, on parle matériel, itinéraire, choix des routes… Mais sur l’EuroVélo, véritable autoroute de cyclistes donc, personne ne s’arrête ! Évidemment, ça prendrait trop de temps. Très vite, cet itinéraire nous fatigue. Difficile de trouver un endroit où camper car trop d’infrastructures touristiques, les routes sont trop souvent en mauvais état et pour finir, le Danube offrant un large espace sans obstacle, le vent toujours, prend ses aises, et souffle de toutes ses forces. On change donc de stratégie, on reprend les petites routes. Dans cette région elles sont finalement peu fréquentées et on trouve d’autres pistes cyclables. On zigzague un peu, on louvoie, on avance un peu plus. Curieusement, on ne croise désormais plus aucun cyclo-touriste. En nous éloignant de un ou deux kilomètres du Danube, nous passons d’une moyenne de dix cyclo par jour à zéro !

 

Un matin brumeux

On plante la tente dans des champs près des maisons, dans des fermes, des jardins. Parfois on nous invite à partager un thé ou le dîner. Camper chez les gens a un double avantage, celui d’en apprendre un peu plus sur la population locale tout en se sentant en sécurité pour la nuit.

Ce couple de fermier et leurs employés nous ont chouchouté !

Nous arrivons bientôt à Bratislava. Nous y sommes accueillies par Peter que nous avions rencontré au camping où nous avions travaillé quelques jours plus tôt, il nous avait alors gentiment proposé de nous héberger et nous faire visiter un peu la ville. Après ces quatre derniers jours de pluie et de vent violent, nous sommes trop heureuses de pouvoir nous reposer dans une vraie maison. Nous avons le sentiment que tous nos muscles sont tendus à bloc ! Le lendemain, on s’offre une matinée de pause, que nous passons avec Peter et ses deux garçons.

Vue sur les incroyables cheveux du petit Liam et sur Bratislava

Vienne n’est éloignée de Bratislava que d’une soixantaine de kilomètres. Nous y retrouvons Blaise et Tristan venus passer le week-end avec nous ! La ville est très agréable, on s’y promène pendant des heures, on profite de ce week-end avec les copains.

Vienne, c’est chargé

Nous sommes désormais en Autriche. Nous traversons le pays d’Est en Ouest, en suivant des itinéraires cyclables nous faisant passer à travers une multitude de villages, abritant fermes, et plus ou moins riches propriétés. La route est facile, balisée, vallonnée mais en pente douce.

L’Autriche quoi

Les autrichiens consomment et produisent du schnaps à base de pommes. Les fruits sont encore verts mais déjà en grande quantité et font ployer les pommiers que nous croisons par dizaines. En une belle fin d’après-midi (trop?) ensoleillée, nous avisons justement une maison entourée d’une trentaine de pommiers dont l’ombre nous fait de l’œil. Nous demandons la permission d’y planter la tente pour la nuit.
« Bien sûr ! » nous répond-t-on. « Vous êtes les quatrièmes depuis quelques années à venir dormir sous nos arbres ! ». Alfred, notre hôte, prend quelques semaines de vacances chaque année pour produire soixante-dix litres de schnaps, qu’il vend aux villages alentours. Le schnaps de cette année n’est pas encore prêt, alors pour ce soir-là, nous dégusterons avec lui un vin Frizzante qu’un ami lui a ramené d’Italie. Au fait des valeurs françaises, il nous sert dans deux verres à pied, mais lui préfère se verser un fond de vin dans un verre à bière, qu’il allonge jusqu’au bord avec de l’eau pétillante.

Nous ne sommes jamais très loin d’une rivière ou d’un torrent, alors les baignades sont fréquentes

Nous longeons la rivière Inn, qui comme son nom l’indique, nous emmène jusqu’à Innsbruck, là ou les choses sérieuses commencent. Les choses sérieuses ce sont les Alpes. Pour couronner ce voyage, nous avons décidé de nous offrir un itinéraire que nous nommons « Passion Alpine, les mollets d’acier » qui consiste à foncer droit dans les Alpes pour six cents kilomètres de rudes ascensions et de plaisantes descentes, de Innsbruck à Grenoble en passant par la Suisse.
Évidemment, comme on a un peu peur de ne pas bien sentir les cols, et peut-être un peu plus des prix des supermarchés suisses, nous faisons le plein juste avant la frontière, et nous voilà avec une semaine de nourriture en plus à trimballer…

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