On va à la mer ! (et pourtant ça grimpe)

Nous pédalons plein Est, sur la route principale qui mène à Baku, la capitale. Au Nord, nous devinons à peine, à travers la brume qui semble régner de façon permanente, les sommets enneigés du Grand Caucase. La route est trop droite, trop plate et trop passante. On s’ennuie dans les bruits de moteur et les effluves d’essence. Cap au Nord, on va aller voir les montagnes de plus près !

Comme en Albanie, il nous semble que la méthode la plus simple pour trouver un endroit où dormir est de demander aux petits commerces ou aux restaurants. C’est très souvent une entreprise familiale et la maison est juste derrière.

Ici, l’eau est moins courante, et ça fait quelques jours de trop que nous n’avons pas pu nous doucher et laver nos vêtements. Un peu à l’étroit dans notre crasse, l’idée d’une douche et d’une bonne lessive occupe toutes nos pensées. On décide que l’on s’arrêtera à midi dans le premier restaurant que l’on trouvera pour y déguster un borsh (soupe russe à la viande) et y passer l’après-midi à laver nos affaires… si l’endroit s’y prête.

C’est ainsi que l’on arrive dans le restaurant de Georgia. A peine avions-nous demandé si l’on pouvait monter notre tente ici pour la nuit, qu’elle nous ouvre sa salle de bain en mimant une douche. Ok, on a en besoin et ça se voit (ou ça se sent ?). Ca faisait longtemps que nous n’avions pas fait de pause, on reste deux nuits, le temps de se reposer. Scandalisée de nous avoir vu dormir dans le froid la première nuit, Georgia insiste le lendemain pour que nous dormions au chaud. A savoir l’une dans son lit et l’autre, faute de place, au pied du lit. Devant notre hésitation, elle se lance de tout son poids sur le matelas pour nous en prouver le confort. Boing ! Elsa est conquise.

Elsa prend ses aises

 

Jojo et toute la clique
Jojo et toute la clique

La route est moins droite, moins plate et moins passante. Mais devient vite monotone. Nous traversons des forêts abritant une multitude d’immenses restaurants qui semblent parfois s’étaler sur un bon kilomètre. Nous y voyons autant de terrains de camping. Parfois ils veulent paraître luxueux, souvent ils paraissent abandonnés, systématiquement ils nous proposent du thé.

 

Kakis, noix, noisettes : on se régale !

Un soir nous trouvons refuge chez deux gentilles dames. Avec toute leur famille, elles vivent dans une immense pièce peu meublée, sinon une immense pile de matelas et couvertures. Elles nous en prêtent un échantillon pour la tente.

Dans le jardin il y aussi deux énormes molosses. Ils semblent assez calmes… jusqu’à ce que le lendemain matin, Elsa s’aventure trop près de la maison, ses mollets à portée de crocs. Sans prévenir, le chien croque. Les dames sont toutes confuses et désolées, on tente de les rassurer : la plaie n’est pas trop profonde. Après une désinfection en règle, nous repartons sur nos vélos.

On intrigue et les azéris n’ont aucune gêne à nous le rappeler. Ils passent parfois plusieurs minutes, les yeux ronds, à nous observer manger, monter la tente, dormir… petit à petit, cette drôle d’attention nous pèse. On perd patience, on a hâte d’arriver à Baku.

Désormais la route est raide. On avance difficilement. Des gamins veulent pousser nos vélos, en profitent pour tenter quelques mains baladeuses… dans la descente, ce sont des hommes qui nous proposent quelques activités un peu trop intimes à notre goût.

 

Oui, là ça descend, mais vous voyez en face ? Ça remonte sec !

 

Et deux heures plus tard, la fin de la côte

On est fatiguées, énervées… on aimerait trouver un jardin accueillant pour y planter la tente. Comme toujours on s’adresse à des femmes lorsque nous cherchons où dormir. Mais parfois on ne maîtrise pas bien la situation. Ce soir là, tout le village s’en mêle et un garçon, que l’on appellera Copain, veut nous aider. Il sonne à toutes les portes et finit par nous dégoter un jardin. Sauf que le propriétaire est aussi bourré que les coings qu’il nous offre. On hésite. Mais Copain semble bienveillant, il reste à côté de l’homme saoul. Tout le village est au courant que nous sommes là, au pire le portail ne ferme pas et puis de toutes façons, la nuit tombe… on reste. Copain semble rester aussi un peu, le temps qu’on s’installe. Ce n’est clairement pas le genre d’environnement rassurant que l’on aimerait avoir après une journée moralement et physiquement difficile… et puis finalement deux femmes et des enfants sortent de la maison pour papoter avec nous, nous apporter des bonbons et des sourires… on se sent un peu mieux !

Nous sommes à cent vingt kilomètres de Baku, nous avions prévu de prendre notre temps et de faire la route en trois jours. Mais après sa morsure, Elsa a besoin d’un vaccin contre la rage, faisable uniquement à la capitale. On pensait avoir le temps d’attendre un peu, mais finalement, à force de ruminer ça et de lire tout un tas d’info pas très chouettes sur le sujet, on décide de paniquer un peu et d’aller directement à Baku. C’est faisable dans la journée, en faisant du stop à mi-chemin. À cinquante kilomètres de la ville, un terrible vent de face nous empêche d’avancer. Peu importe, on fait du stop.

Nous arrivons finalement chez Nariman, notre hôte à Baku. On souffle un peu. Dehors, le vent souffle aussi, beaucoup plus fort.

3 Replies to “On va à la mer ! (et pourtant ça grimpe)”

  1. Bon, il y a beaucoup de chiens à Baku ?

    1. Nan pas baku… mais ya baku de chats

  2. La morsure du chien c’est quand même un coup bas.

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