Passion alpine, les mollets d’acier !

C'est haut, mais c'est beau

Avant d’attaquer nos premiers cols, nous retrouvons Thomas avec qui nous avions pédalé au Japon. Lui aussi est sur le retour, lui aussi rentre à vélo, et enfin, lui aussi veut passer par les Alpes. On décide de faire équipe.

Nous le retrouvons le 4 août, nous installons notre campement au bord d’une rivière et on se met d’accord sur l’itinéraire qui nous attends. Il y a quelques ajustements à faire, nous avions calculé une dizaine de jour en Suisse, Thomas tablait plutôt sur un bon mois… ça sera dix jours donc.

En théorie, cette première journée ne devrait pas être trop compliquée en terme de dénivelé. D’après nos cartes, la route monte en pente douce, et même si on préférera le petit chemin qui longe la-dite route, ça devrait aller. Voilà plus d’un an que nous voyageons à vélo, et nous n’avons toujours pas retenu cette leçon : les petits chemins qui longent la route sont fourbes ! Plutôt réservés aux VTT, ils sont trop pentus et trop caillouteux ! Non mais si on peut même plus pédaler en tong alors ! Il fait très chaud ce jour là, et le soir venu nous sommes heureux de trouver un coin reculé, en bord de rivière, pour camper. Des passants nous voient, on leur explique qu’on vient pour se baigner. Le camping sauvage étant interdit, on préfère être discrets : on ne mettra la tente qu’une fois la nuit tombée. Ça les fait rire « oh bah vous êtes courageux ! ». Effectivement, il faut être courageux, l’eau est glaciale ! La volonté de se rincer un peu après une bonne journée de vélo au soleil l’emporte évidemment.

Discretos, on plante les tentes

Le col d’Albula culmine à 2300m, c’est notre premier col du périple à travers les Alpes. Nous arrivons au début des lacets à 11h30, on a besoin de bien deux heures pour grimper tout ça, ce versant de la montagne est exposé en plein soleil. Bien joué, la prochaine fois on prévoira mieux notre trajet pour ne grimper à la pire heure de la journée ! C’est très raide, on calculera que les 400 premiers mètres de dénivèle se font sur une route d’environs dix pourcents, ce qui signifie, pour ma part, beaucoup de pause, et une bonne partie à pousser mon vélo. Nous croisons beaucoup de cyclistes type « tour de France » sur leur vélo de route. En général on les voit deux fois. La première fois ils nous doublent en grimpant, la seconde fois on se croise dans la descente. C’est gens sont dingues, je n’aurai jamais la motivation de faire tout ça pour redescendre du même coté. Nous sommes peut-être chargés comme des bœufs, mais au moins à la fin de la journée nous ne sommes plus au même endroit ! La montée est longue, je pense « bon, je ne ferai pas du stop, mais si une voiture s’arrête et me propose de m’amener au col, je ne dirai pas non ! ». Et puis à chaque fois que je reçois un encouragement je change d’avis. Quelques motards et cyclistes nous encouragent effectivement, et c’est incroyablement porteur ! C’est tellement important que j’en viens, dans les moments les plus dur, à m’énerver contre ceux qui ne nous manifestent aucune compassion, surtout les motards, comme s’ils étaient alors devenu la cause de nos difficultés.

Bientôt au col, et c'est toujours la course avec le mauvais temps
Course avec le mauvais temps

Thomas est parti devant, très vite on ne le voit plus. Elsa et moi faisons le yoyo, tantôt l’une rattrapant l’autre. Depuis le début, nous cuisons sous le soleil tandis que de gros nuages noirs nous narguent, couronnant les sommets alentours et nous refusant leurs ombres. C’est que lorsque nous sommes à 15 minutes du col que les voilà qui déboulent vers nous, et tout d’un coup c’est le déluge ! Nous sommes justement à quelques mètres du seul restaurant de la montagne. Nous nous y abritons, et pendant que nous aidons la patronne à rentrer le linge, elle nous explique « ça ne durera que cinq minutes, c’est toujours comme ça, vous allez voir ». Trois minutes plus tard, en nous servant deux cafés, elle annonce « plus que deux minutes ». Elle n’a pas tord, l’orage s’est un peu calmé et nous repartons vite. Nous retrouvons Thomas au sommet, il a trouvé refuge dans une voiture en nous attendant.

Youhouuu ! Premier col
Youhouuu ! Premier col, la promesse d’une longue descente

Désormais c’est la descente, les nuages sont revenus comme ils étaient partis. Ca, la patronne du restaurant ne nous l’avais pas précisé ! A nouveau, c’est le déluge, on croise quelques courageux qui grimpent sous la pluie. Je veux leur faire un signe d’encouragement mais avec cette pluie je n’ose pas lâcher les freins.

Descente douche incluse
Descente douche incluse

Nous arrivons dans un petit village. Nous sommes trempés. D’habitude on sèche dans la descente, mais là, nous n’avons donné aucune chance à nos t-shirt en les laissant sous nos k-ways… J’en ai marre, j’ai froid, je colle, je sens mauvais, je veux prendre une douche, tous nos habits sont sales et mouillés, il pleuviote encore et l’idée de planter la tente en sachant que rien ne va sécher ne m’enchante pas.

ça sêche pas...
Ouuuuh c’est grognon tout ça !

On va se trouver un endroit un peu à l’écart pour camper. On fabrique une douche derrière un tas de bois avec une poche à eau suspendue, bon c’est quand même pas si mal ! Thomas nous fait des tisanes au gingembre et au citron et le moral remonte.

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