Purée de pois sur rocher Suisse

Aujourd’hui c’est descente ! Vingt kilomètre en roue libre, puis du quasi plat, c’est la récompense de tout col passé ! Si on évite de penser qu’il faudra de toute façon tout remonter, le bonheur est total.

Activité fluviale
Activité fluviale

Après une bonne journée de pause agrémentée de lessive nature, nous revoilà repartis à l’attaque d’un double col. L’idée est de grimper le premier, redescendre légèrement, camper au point le plus bas pour ne pas avoir trop froid, puis attaquer le second col le lendemain.

On grimpe dans les nuages. Après quelques kilomètres j’entends des cyclistes qui me rattrapent en discutant. J’arrive à peine à exprimer un « Hello » tant le souffle me manque, alors discuter ! En fait les cyclistes ne sont qu’un seul, et il est au téléphone, une main sur le guidon, l’autre à l’oreille : « Allo Marco ? Ouais je suis dans les Alpes Suisses, j’ai pris un jour de congé et il fait un temps de merde ! ». Et puis un peu plus loin, c’est le déluge, la fin de la grimpette se fait en k-way intégral. Thomas nous attends en haut, dans un garage fortuitement laissé ouvert, il a sorti son réchaud et nous accueille avec une tisane, il fait trop froid pour boire du champagne !

Tisane de la victoire

Le déluge semble interminable. On se change pour la descente, je suis contente de ne pas avoir renvoyé toutes mes affaires d »hiver, ça caille ! Il pleut tellement fort qu’il devient difficile de garder les yeux ouverts. La descente n’est pas très agréable, j’ai trop peur que l’un de nous tombe…

A fond les manettes sous la pluie et dans la descente
En fait comme on est  pas allés en Asie du Sud Est, on est quand même contents d’avoir un aperçu de la mousson

Il pleut toujours des cordes et ça ne semble pas vouloir s’arrêter. On se met alors en quête d’un lieu abrité pour dormir. Après une bonne heure de recherche, à sonner aux portes, un fermier nous installe dans un immense hangar, plutôt prévu pour accueillir des vaches que des cyclistes trempés, mais enfin on va pas faire les difficiles !

Studio, 400 mètres carré, lumineux, aéré…et pourtant une légère odeur…

Le lendemain, rebelote ! On remonte, cette fois dans le brouillard complet, même pas une jolie vue pour nous motiver un peu !

Thomas n’a pas pris sa Ricorée ce matin, alors forcement ça loupe pas, il est dans le brouillard

Enfin après deux bonnes heures de grimpette nous voilà au sommet. Comme d’habitude, Thomas est déjà là, il prépare des tisanes, et on partage une tablette de chocolat pour fêter ce troisième col !

Sympathiques, les nuages se dispersent un peu le temps d’apercevoir les sommets
Sympathiques, les nuages se dispersent un peu le temps d’apercevoir les sommets

La descente commence, et au soleil cette fois-ci ! Entre deux virages un peu serrés, on emprunte un petit chemin dans la montagne qui nous emmène à un formidable point de vue sur le glacier qui donne naissance…au Rhône !

Rhône surgelé

On suit le torrent qui descend du glacier, on serpente dans la montagne, et nous nous retrouvons vite dans une carte postale de la Suisse. De hautes montagnes enneigées bordent cette vallée verdoyante, le Rhône, à l’état de torrent d’eau claire serpente dans ce décor, et de petits chalets en bois garnis de géraniums ponctuent les flans des montagnes. Des angelots nus jouent de la harpe et des banderoles portées par de blanches colombes nous souhaitent la bienvenue dans la vallée. Enfin je m’emballe peut être un peu, mais vous voyez l’idée. En tout cas, nous roulons confortablement sur une piste cyclable, en pente douce, qui longe la rivière et les difficultés des jours de pluie et des cols abrupts sont vites oubliées.

On avait prévu de faire un jour de pause, mais nous sommes plus qu’à un col de la France.. .ensuite ça sera deux jours de plat ! Alors on se dit « ho et puis zut ! » et on continue. C’est facile maintenant, le vélo connait le chemin, on avance comme des flèches

Village perché
Ok, ça continue de monter quand même

Enfin après avoir passé notre dernier col les doigts dans le nez, nous voilà en France ! Pour fêter ça, et pour attendre que la pluie passe, ça sera tartiflette à Chamonix ! Les nuages ne nous laisseront même pas apercevoir le Mont Blanc ce soir là. On se sépare de Thomas qui reste chez son cousin et nous partons nous trouver un abri pour passer la nuit.

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