Reprise en Turquie – de Yalova à Konya

Vélo et âne

Nous avions laissé nos précieuses montures à Istanbul, le temps de faire une pause, nous les retrouvons un mois plus tard. Matthis, mon petit frère, nous a rejoint pour les 15 prochains jours. Objectif : La Cappadoce.
La reprise se fait doucement, pour sortir de la ville nous prenons un ferry qui nous emmène à Yalova.

Nous avons besoin d’essence pour notre réchaud, nous nous arrêtons pour faire le plein. A peine notre bouteille de combustible sortie que nous nous retrouvons catapultés dans le bureau du big boss. Meubles imposants, portrait grandeur nature d’Atatürk, fauteuils en cuir, climatisation, thés, boissons fraîches et cacahuètes. Nous voilà en pleine négociation du baril de pétrol. Umit, le patron, ne semble pas bien comprendre pourquoi nous avons besoin d’essence pour nos vélos. On lui tend la notice de notre réchaud. Il se plonge dedans, va consulter le site du fabriquant, regarde des tutoriels sur le fonctionnement de l’appareil. Finalement il s’exclame “Benzine !”. Il passe un coup de fil, un employé vient chercher la bouteille, la remplit du précieu liquide et vient nous la ramener. Superbe ! On ne testera pourtant pas la qualité de l’essence ce soir là, puisque le roi du pétrole nous invite au restaurant : Pizza turque, Kebap, Kunefe…pour son premier dîner en Turquie, Matthis découvre déjà une belle portion de la cuisine locale !

Les stations essence représentent l’eldorado du campeur sauvage. Eau courante, wifi, toilettes, douche parfois. Et comme partout en Turquie, un accueil royal est souvent réservé aux étrangers en voyage.

A Asagikoy, on retrouve un vieux copain. Burak nous a reconnu, il nous avait vu la veille camper à Kopruhisar. Cette fois il nous invite à dormir chez lui. Ravis de ce “confort surprise”, on décide de lui cuisiner une bonne ratatouille. Il nous emmène en voiture faire les courses au marché. Réflexe d’enfants bien élevés, nous attachons consciencieusement notre ceinture. Burak explose de rire “No belt ! Turkish no problem !”. Le système de sécurité de sa voiture tente vainement de le rappeler à l’ordre : voyants rouges et sonores “bip bip”…qu’importe, il monte le son de l’auto-radio. Ambiance disco turque pour acheter trois aubergines.

Nous traversons désormais des petits villages de montagne. C’est qu’entre Yalova et la Cappadoce, ça grimpe ! Mais la Turquie a décidé de nous rendre la vie facile. Lorsque ça monte trop, la beauté du paysage compense largement la difficulté. Par exemple en disposant en premier plan des petits sapins pour le côté “Bucolique & Montagnard”, en second plan des champs vallonnés explorant toute la gamme de couleur entre le jaune et le vert, et d’imposantes montagnes toutes en roches et en falaises en toile de fond pour donner au tout un côté grandiose. Et ça marche, après quelques jours à ce régime, nous atteignons le petit village de Rizapasa perché à 1000 mètres au dessus du niveau de la mer. Mehmet, le maire du village, nous installe dans la petite salle attenante à la mosquée. Heureusement, parce qu’il pleut. Encore une fois, les habitants sont aux petits soins avec nous. On nous apporte le dîner, le thé. Et au saut du lit, le petit déj !

Départ Rizapasa
Départ Rizapasa, devant la salle dans laquelle nous avions dormis. Mehmet assiste au départ.

La Turquie regorge de ressources. Lorsque ce n’est pas un paysage époustouflant qui me fait oublier la douleur de la côte, c’est un coquet toutou au collier hérissé de piques de 5 centimètres qui me prend en course-poursuite. Panique, changement de vitesses trop rapides, la chaîne s’emmêle, les chiens se rapprochent babines retroussées….finalement un camion déboule en klaxonnant à fond. Il arrive à repousser les chiens…je souffle. Elsa a vécu la même scène quelques minutes plus tôt, mais à l’arrêt et encerclée.

 

Gentils toutous
Ces molosses sont capables de terrasser plusieurs autres chiens et loups. Ici nous sommes avec les villageois, donc aucun risque pour les approcher.

A Eskisehir, nous décidons de faire du stop. L’idée est de se rapprocher un maximum de la Cappadoce pour que Matthis (qui doit reprendre l’école en septembre, le brave petit) puisse profiter de quelques jours sur place.
A peine avions nous levé le pouce que Naci arrête son semi-remorque à notre hauteur. Les vélos montent à l’arrière, et nous dans la cabine avant. On enlève les chaussures avant d’entrer. La cabine est tapissée de moquette rouge assortie au drapeau turc qui fait office de rideau entre la couchette et la banquette avant. Navi nous tends des lingettes et une petite bouteille de parfum…30 kilomètres à travers les montagnes en plein soleil ça laisse des traces.

Camion
Bon aller, on triche un peu !

One Reply to “Reprise en Turquie – de Yalova à Konya”

  1. Merci, je comprends enfin votre intérêt (jusque là incompréhensible) pour les stations service!

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