Retour en selle et en Europe

Arrivé en Europe !

A la sortie de Lviv, nous nous arrêtons au supermarché. Émotion. Ce dernier regorge de denrées européennes ! Nous avons quelques difficultés à n’acheter que le nécessaire, inutile de trop se charger, nous prenons rarement plus de deux jours de nourriture.

Nous pédalons à travers la campagne, la route principale est en bon état, et nous fait passer à travers plusieurs villages. Villages que nous apercevons en général de loin grâce au dôme doré des églises, véritables phares pour la campagne environnante. Ce sont d’ailleurs bien les seules à briller. Les maisons font pâle figure à coté de ces églises resplendissantes et les rues non goudronnées offrent quelques nids de poules aux charrettes tirées par des chevaux. Un déséquilibre qui donne l’impression que les églises aspirent la fortune autour d’elles.
En fin d’après-midi, nous décidons d’aller voir l’un de ces édifices de plus près et demander si nous pouvons poser notre tente dans le jardin qui l’entoure pour la nuit. Personne dans l’église, mais la vendeuse du magasin d’en face appelle un voisin, qui nous ouvre le portail. Le prêtre arrive bientôt, et comme le vent se lève, il nous ouvre une petite salle pour que nous y passions la nuit ! Un voisin nous laisse l’accès à son puits pour l’eau, un autre nous ouvre sa salle de bain pour que nous prenions une douche, un dernier nous offre un bocal plein de framboise fraichement cueillies ! Nous repartons le lendemain avec la bénédiction du prêtre, direction la frontière, aujourd’hui, on retrouve l’Union Européenne !

Nous traversons la campagne polonaise. Cette fois les villages sont impeccablement entretenus, les jardins rivalisent d’originalité, c’est la course à qui sera le plus kitsch : nain de jardin, cigogne grandeur nature, motifs floraux parmi lesquels zigzaguent de petits chemins de cailloux blancs, bien trop rangés pour que quiconque n’ose y mettre les pieds.

Pour notre première nuit en Pologne, on a vu grand. A 16h, nous nous arrêtons au bord d’un lac. Il fait beau, l’eau est claire, l’herbe est verte et douce. On se baigne, on bronze et on se projette déjà, plantant notre tente sur cette belle herbe… lorsque des jeunes gens nous abordent. Ils ont la trentaine, sont venus faire un barbecue sur les bords du lac et nous offrent une place à leur table. On agrémente le repas de quelques fruits secs que nous avons, joliment présentés dans nos sachets plastiques zippables. Bières et vodka sont aussi de la partie, et tout en illustrant leur propos, nos nouveaux amis nous racontent la Pologne et son sérieux problème d’alcool… En fin de soirée, Maria, qui n’a pas bu, nous supplie de venir dormir chez elle. Il risque de pleuvoir ce soir et elle adore recevoir. Sa maison est située 20 km… en arrière ! Nous sommes passées devant quelques heures plus tôt. Mais Maria insiste tellement que nous finissons par accepter. On embarque tant bien que mal les vélos dans le coffre de sa voiture, et nous rebroussons chemin !

Maria nous cuisine des pirogi ! C’est bon c’est typique

Le lendemain, nous sommes attendues par Elisa, et nous devons rajouter au compteur les vingt kilomètres que nous avions déjà fait la veille. Nous évitons la route principale pour prendre les petites routes de campagne, beaucoup plus vallonnées mais beaucoup moins passantes. Nos mollets en prennent un coup mais on roule plus sereinement.

Enfin nous arrivons à Cracovie où nous retrouvons Marguerite, ma cousine, venue passer cinq jours de vacances.

C’est l’été, on se permet une bière en terrasse

 

Cracovie
Cracovie

Et c’est reparti, nous mettons le cap au Sud, direction la Slovaquie ! On grimpe un peu pour passer la frontière, puis descente en roue libre à travers la forêt Slovaque.

Nous nous dirigeons toujours vers le Sud de la Slovaquie. Pendant ces trois jours, nous bénéficions d’un très agréable vent du Nord, qui nous donne un sérieux coup de pouce. Concernant les routes, tout le trafic se concentre sur le peu de routes que nous trouvons, des petites routes de montagne sans bas-cotés où se mettre à l’abri des semi-remorques. On ne se sent pas très à l’aise, et nous décidons finalement d’emprunter des chemins dans la montagne. Chemins que nous préférons éviter en général car ce sont parfois des itinéraires de randonnées plus que de vélo, et le seul moyen d’en être sûres, c’est d’y aller ! Ça commence plutôt bien, on grimpe d’abord sur une route asphaltée, dans une forêt. La route se rétrécit vite et devient un chemin de terre, mais toujours largement praticable à vélo. Après quelques pauses bien placées, nous arrivons au sommet. Cette fois le chemin disparait complétement pour faire face à une piste de ski recouverte de très hautes herbes et qui descend à pic dans les bois.

Arrivé au sommet, Elsa fait le point

 

Bon. Et bien maintenant qu’on est là, continuons !

La descente est un peu folklorique, une fois dans les bois, nous retrouvons un semblant de chemin…qui est pour le coup clairement un chemin de randonnée. D’ailleurs nous croisons des randonneurs à la mine un peu surprise, ils doivent se demander pourquoi on est venues promener nos vélos ici. Impossible de pédaler, nous descendons avec les vélos à la main.

Le lendemain, pas découragées par notre expérience de la veille, nous remettons ça. Le petit chemin dans la montagne plutôt que la route trop passante. Cette fois nous arrivons dans le champ d’un fermier, pas de chemin à l’horizon. Mais celui-ci nous soulève ses barrières électrifiées et nous confirme que nous sommes sur la bonne voie. Il nous met tout de même en garde, notre chemin passe tout près d’un campement de Gitans, ils ont des chiens dont il vaut mieux se méfier. Ha. Bon. On a pas une très bonne expérience des toutous. Un peu stressées, on s’arme de grands bâtons qu’on garde à portée de main. Encore une fois, difficile d’avancer autrement qu’en poussant le vélo. On arrive aux abords du campement. Les chiens sont là, ils nous observent sans bouger et nous laissent passer, ouf !

Quatre jours dans la campagne Slovaque nous amènent à Cerovo où nous sommes attendues par Arnold et Bernadette. Ce couple de hollandais a construit une petite ferme perdue dans la campagne. Au printemps et en été ils offrent quelques places de camping. Nous avons convenu de travailler quelques heures par jours en échange de quoi nous sommes nourries, logées et blanchies. Les vacances continuent, le travail est facile et peu contraignant, on profite du camping et de la piscine, des animaux et des bons produits de la ferme !

Notre moment fav’ à la ferme : le petit déjeuner devant notre roulotte !

 

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