Stop ! On fait du stop

Elsa fait du stop

Du 23.05.2017 au 25.05.2017 : De Zadar à Sarajevo en stop

Malgrè la côte croate escarpée, nous avons finalement trouvé quelques spots de camping sur des plages, chez des gens, sur des terrasses de bar…

Nous arrivons à Zadar un peu plus tôt que prévu, et nous avons 3 jours à perdre avant de nous diriger vers Split où un ami doit nous rejoindre. Nous décidons donc d’aller visiter Sarajevo à 400 km de là, en stop. On fait deux équipes. Gaël et Marion contre Elsa et moi.

Le plan : Partir relativement tôt, dîner et dormir à Sarajevo. Revenir à Zadar le lendemain. Le premier arrivé à Sarajevo a gagné.

10h : Départ du camp (on avait dit relativement tôt)

10h10 : Dépôt des vélos chez des Bosnio-austro-croates.Ils tiennent absolument à nous faire découvrir les richesses de leur culture. Nous avons donc le droit à de la bière croate, des shots de liqueur de schnaps autrichien, des gâteaux bosniens, et pour faire passer le tout l’équivalent en nourriture d’un déjeuner pour 10 personnes.

 

Et un verre de schnaps !
Et un verre de schnaps !

 

11h30 : Départ de chez les autrichiens en roulé-boulé

11h40 : L’équipe Gaël et Marion partent en courant vers la route. Elsa et moi nous dirigeons vers la plage.

12h : Après une courte baignade nous nous décidons à faire du stop, l’aventure commence !

12h15 : Des touristes français nous emmènent

12h45 : Ils nous déposent à l’entrée de Sibenik, juste après avoir croisé Gaël et Marion qui font du stop sur le bord de la route. ça commence bien !

16h45 : Nous sommes sur un énorme rond point à l’entrée de l’autoroute qui va vers la Bosnie, près de Split. Pour parcourir ces quelques derniers kilomètres nous avons pris 5 voitures différentes. Crevées et un peu désespérées, on apprend que les autres abandonnent la partie. Allez on tente de continuer, plus que 300 km !

17h25 : Un croate, qui n’a peur de rien, s’arrête en plein milieu de la route.

17h40 : Le croate, qui n’a décidément pas froid aux yeux, nous lâche sur l’autoroute.

18h30 : Après un échange très rudimentaire avec un camionneur bosnien à une station service, on comprend que celui-ci se rend en Bosnie. A-t-il compris que nous comptions venir avec lui ? Pas sûr. En tout cas on saute dans son camion.

19h30 : Passage de la frontière, pause café avec les copains camionneurs.

21h : Arrivé à Tomislavgrad. On décide d’y dîner et d’y passer la nuit, Sarajevo attendra demain.

21h30 : Nous voilà attablées au Europa, le restaurant le plus chic de la zone industrielle de Tomislavgrad.

22h : Après avoir traduit l’ensemble de la carte, on passe commande. ça sera “cevapcici”, la spécialité du coin !

 

On avait oublié de déjeuner avec toutes ces histoires ! 
On avait oublié de déjeuner avec toutes ces histoires !

 

23h : C’est repues que nous partons chercher un lieu de camp.

23h01 : Nous plantons la tente de l’autre côté de la route, dans un parc.

Le lendemain.

6h40 : Petit déjeuner sur le pouce et pouce levé, Sarajevo, nous voilà !

10h : Nous avons parcouru environ 70 km dans deux voitures différentes. On soupçonne un léger retard sur le contrôle technique de la seconde, il manque peut être une roue ?

10h30 : Un camion passe. On s’agite. Il s’arrête. Samy a 30 ans, il est super content d’avoir deux françaises à bord. Il tweet, il prend des photos pour instagram tout en négociant des virages à 80 km/h sur les petites routes de campagnes de Bosnie avec son énorme double remorque. Il ponctue ses vertigineux dépassement par des “I Love adrenaline !”. Pour nous, il s’improvise guide touristique, il nous indique les curiosités du coin : la discothèque, le bar, l’autoroute…à l’entrée de laquelle il nous dépose.

11h : L’ingénieur en biologie le plus intéressant de la Bosnie nous emmène visiter les abords de l’autoroute. On voulait aller sur l’autoroute qui menait droit à Sarajevo. Mais il en décide autrement. On ne perd pas notre temps pour autant, l’homme nous apprend des tas de choses sur des sujets aussi vastes que variés : La religion en Bosnie, la religion en Herzégovine, les bienfaits des enzymes sur les pelouses des terrains de foot, les pyramides, les usines de charbos et de cuir, le traitement des eaux usées, la guerre de Yougoslavie et le fonctionnement de l’appareil digestif humain.

11h30 : il nous dépose sous l’autoroute, en nous précisant : “now, you couldn’t be so far from a gaz station”. Il doit vouloir dire qu’on est pas bien loin puisque effectivement, on voit le panneau.

Deux barrières enjambées et 500 mètres d’agréable promenade sur bande d’arrêt d’urgence, nous sommes à la fameuse gaz station.

Nous ne sommes plus qu’à 15 km de Sarajevo.

11h45 : Une femme veut bien nous emmener mais pour 5 km. Il y a très peu de passage, on accepte. On précise, qu’on veut rester sur l’autoroute, donc qu’elle nous dépose à une station essence. Elle insiste, elle veut nous déposer à un arrêt de bus, dans la banlieue de Sarajevo. “Et voilà, Sarajevo est juste derrière la colline”.

Nous restons calme. Après tout, les dernier kilomètres sont toujours les plus durs. Y a -t-il quelqu’un dans ce pays qui souhaite se rendre à Sarajevo ?

12h : Nous faisons du stop à l’arrêt de bus devant un public d’une vingtaine de bosnien.

12h10 : Une fille nous aborde. Elle nous propose de nous emmener à Sarajevo, elle paye le bus.

12h25 : Incroyable. Nous sommes à Sarajevo !

Nous n’avons que très peu de temps. En dix minutes, la fille du bus nous montre la-cathédrale-la-mosquée-la-biblihotèque-et-lheure-de-la-prière. Et nous lâche dans un petit restau ou nous avalons encore un“cevacici”, on s’régale.

13h : L’heure de repartir.

13h30 : Le périphérique de Sarajevo est composé de 4 voies rapides. Beaucoup y roulnte, personne ne s’arrête.

14h : 500 m plus loin, le périphérique de Sarajevo est toujours composé de 4 voies rapides. Le flux de voiture ne cesse pas.

14h30 : 1km plus loin, le périphérique de Sarajevo est toujours composé de 4 voies rapides. Le flux de voiture n’a toujours pas cessé.

15h15 : Je craque. On rebrousse chemin sur 1,5km pour viser la gare.

15h45 : La gare de Sarajevo est beaucoup trop calme. Un contrôleur erre. On veut aller à Mostar. Il répond aussi sec : “Nenenenenennenene”. On essaye d’en savoir plus : “Nenenenenene”. Bon, on espère que Mostar existe toujours.

16h :  Nous prenons un billet pour de bus pour Mostar.

16h45 : Le bus démarre.

16h46 : Nous dormons à points fermés.

19h30 : Arrivée à Mostar sur les rotules.

Nous traversons la ville au pas de course pour trouver un spot de camping et de stop pour le lendemain. Au passage, nous avons eu la chance de croiser la curiosité touristique du coin : le pont de Mostar.

Le lendemain

6h20 : Petit déjeuner sur le pouce. Pouce en l’air

7h40 : Interminable attente. Une voiture s’arrête, nous propose de nous emmener 30 km plus loin.

8h30 : Nous n’avons plus que 300 km à parcourir.

9h00 : Une voiture nous emmène. Nous voulons aller sur l’”autoput” pour tenter d’avoir une voiture qui va directement à Zadar. Terrible malentendu, en fait on nous déposera à l’”autobus”, 1 km plus loin…

10h15 : Une voiture s’arrête. On demande “Autoput” ? L’homme au volant hoche la tête. On se précipite dans la voiture…et on réalise l’erreur : il est complétement bourré, ne pige rien et ne va pas du tout sur l’autoput. 2 km et 5 accidents évités de justesse plus loin, nous parvenons à arrêter la voiture et en sortir.

10h30 : Un peu sous le choc et sans trop y croire nous marchons le pouce levé sur le bord de la route. Une voiture s’arrête. Cette fois c’est une femme au volant et elle a l’air sobre !

10h50 : Nous sommes enfin à l’entrée de l’autoroute. 40 km parcourus en 5h, il en reste 300, restons calme.

11h15 : C’est trop calme. Une voiture toutes les 10 minutes.

 

Heure de pointe sur la bretelle d’accès à l’autoroute
Heure de pointe sur la bretelle d’accès à l’autoroute

 

11h30 : Deux vans italiens s’arrêtent. Ils peuvent nous déposer à Zadar. On jubile ! Nous montons à bord du van n°1. Odeur de désinfectant, les occupants tout sourire et tout propres. Pour nous, c’était trois jours sans douche sous un soleil de plomb….on prend soudain conscience du décalage. On essaye de rester dans les coins et de garder les bras le long du corps.

11h40 : La chef du van n°1 s’empare du talkie-walkie et débriefe au van n°2 de la voix la plus enjouée du monde : “Nous sommes avec Anaïs et Elsa qui font un tour du monde à vélo, on va les déposer à Zadar ! Et maintenant on commence la prière !”

11h41 : Distribution de chapelet pour tout le monde. Et la prière commence.

11h42 : Ces trois derniers jours, mes vêtements sales, leurs vêtements propres, le soleil, la fatigue….et maintenant 6 italiens qui récitent leur chapelet en coeur et en talkie-walkie…le décalage est trop énorme je suis prise d’un formidable fou rire, que j’arrive heureusement à maîtriser rapidement.

12h30 : Fin de la prière.

12h32 : La chef du van n°1 entreprend une conversation avec Elsa sur des sujets aussi vastes et variés que l’Amour de Dieu, la Paix Intérieure, la Prière, Jésus, Marie, l’Ane, le Bœuf et le Saint-Esprit, Amen.

12h40 : Courage Elsa, plus que 50 minutes de trajet.

13h30 : Elsa n’est toujours pas convertie, mais nous sommes arrivées. Ils nous déposent à la sortie de l’autoroute. Il ne nous reste plus que 13 km.

13h45 : Un couple de New-yorkais en vacances nous emmènent droit chez les autrichiens où nous avions déposé nos vélos !

La course en sac à dos est terminée. On est contentes de retrouver le confort de nos vélos…le sentiment d’être de retour à la maison.

Nous retrouvons les autres qui ont profité de nos péripéties pour faire un tour dans un parc national….et se reposer puisque Gaël a attrapé une infection inexpliquée, il est raplapla et couvert de boutons de la tête aux pieds.

A Split nous récupérons JY (on prononcera djiwaï), un ami de Marion qui vient passer une semaine avec nous.

La côte croate, c’est joli, mais qu’est ce que c’est touristique ! Et donc fatiguant, trouver un endroit pour camper est une véritable mission, la mer nous nargue du bas de la falaise sur laquelle nous roulons, la route est pleine de voitures qui nous frôlent pour doubler. Bref point trop n’en faut, on part en week-end en Bosnie !

One Reply to “Stop ! On fait du stop”

  1. Salut les filles !!! J espérait vous voir ce matin avant votre départ… Une prochaine fois ! Vous pourrez utiliser le train ! N’ hésitez pas a repasser un faire une pause chez nius, aux Houches, cette fois pas avec la tente ! Vous seriez les bienvenues !! Hier, je ne savais pas trop quoi vous proposer ou pas… J aurai aimé faire plus mais entre la fatigue de la journée et ne pas vouloir dérégler votre organisation…. Finissez bien, profitez à fond !! Bonne route !!! Merci pour l info des chatons a la grange !😉

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