Une semaine, trois pays : on fonce Alphonse

A 50 kilomètres d’Erevan, nous sommes attendus par Grigori qui a accepté de nous héberger ce soir là. Nous nous sommes donnés rendez-vous à 18h30 devant chez lui, mais nous arrivons avec 2 heures d’avance en ville. Comment s’occuper en attendant ? En prenant un café avec la directrice du théâtre de la ville peut-être ? Elle nous invite dans son bureau présidentiel, tout en drapeaux et en diplômes.

Grigori vit dans une grande maison avec sa famille. Sa maman nous a cuisiné un poulet rôti et des patates au four ! Repas du dimanche, miam ! Jusqu’ici nous avions eu peu d’occasions d’échanger avec des Arméniens qui parlaient anglais, il nous apprend beaucoup sur la culture de son pays. Ils nous logent dans une autre maison, au fond du jardin. C’est une vielle maison qu’ils n’utilisent pas. Un peu glauque, de grandes pièces froides et vides. Les décorations peintes sur les murs s’écaillent. Un meuble trône dans certaines pièces, dont trois lits que nous occupons.

Le lendemain, nous grimpons et c’est la course contre la pluie. La température chute drastiquement. Désormais nous naviguons à travers les montagnes, la neige à quelques centaines de mètres au dessus de nos têtes. De lourds nuages chargés de pluie nous poursuivent. On s’arrête dans un petit village. Les habitants nous prêtent une petite salle pour dormir ! Heureusement, car un véritable déluge s’abat sur le toit. On n’ose même pas aller jusqu’à la cabane en tôle qui abrite les toilettes au bout du village…. bon, le déluge n’est peut être pas la seule raison de notre hésitation…

Nos derniers jours en Arménie sont frais et les nuits givrées. On gratte la tente le matin ! Mais plus pour longtemps, car au fil des kilomètres, nous perdons de l’altitude et grappillons quelques degrés. Un soir nous posons la tente face à un lac, au pied d’un monastère. On se réchauffe autour d’un thé brûlant avec les bonnes sœurs.

Réveil fraîcheur devant le monastère et face au lac

Le temps est gris, quelques averses nous obligent à pédaler emmitouflés et pour couronner le tout, aujourd’hui nous nous séparons de Gauthier qui repart vers Tbilissi. Il doit lancer quelques procédures de visas, mais nous devrions nous retrouver dans quelques centaines de kilomètres.

Soirée de départ avec Gotgot, pour se réconforter, on se gave de lubjani, de katchapouri (tourtes au haricots et au fromage) et de piva (cette dernière avec modération)

Nous continuons à deux vers l’Azerbaïdjan. Crevées et frigorifiées, nous sonnons à la porte d’une église dans l’espoir de pouvoir y poser notre tente.

La soirée fut mémorable. On se retrouve très vite attablées au coin du feu et des images pieuses. Notre verre de vin ne se vide jamais. On porte des toasts aux parents, aux enfants, aux ancêtres, au père George et à Jesus. Les litres de vin aidant, nous parlons désormais couramment le géorgien et le russe. Nous allons nous coucher, dans une autre salle, le ventre plein, la tête qui tourne et les zygomatiques en compote.

En bonne place pour être dans le top 3 des meilleurs soirées que nous ayons eu !

Le lendemain, pas franchement reposées par la soirée de la veille, nous traînons un peu avant de nous arrêter vingt kilomètres plus loin. Des femmes discutent devant un portail ouvert. On demande si on peut planter la tente dans le jardin… et c’est reparti pour un tour ! Lena nous ouvre sa porte, nous prépare un véritable festin en cinq minutes.  Personnellement je ne sais plus qui écouter, mon estomac qui menace d’exploser ou Lena qui m’ordonne de manger ? Elle nous couve un peu trop. Par exemple, lorsqu’elle nous montre les toilettes au fond du jardin, ce genre de toilettes avec une porte qui arrive à hauteur d’épaule, elle attend devant que nous ayons fini notre affaire. On finit par aller se coucher, s’enfonçant dans des lits moelleux sous une énorme pile de couvertures.

Avant le départ, une visite du jardin s’impose. Lena fait pousser des tas de fruits et légumes ! Kakis, grenades, tomates, choux, salades, noix, noisettes…

La machine à produire du Chacha, vodka locale, que l’on nous servira au petit déj’ !

On repart de chez Lena avec de la nourriture pour cinq jours dans les sacoches, et encore, on a réussi à négocier et ne prendre que quelques kakis sur les quatre kilos qu’elle comptait nous donner !

On fait semblant de cueillir/manger chaque fruit du jardin pour le shooting photo

 

Nous voici en Azerbaïdjan ! Grâce à son pétrole, ce pays est le plus riche des pays de l’ex-URSS. Et il aime le montrer en construisant d’imposants monuments dans les grandes villes.

Lecture en bord de route

Les campagnes restent modestes et nous rappellent l’Arménie et la Géorgie.

En Azerbaïdjan nous sommes l’objet de toutes les curiosités. Lorsqu’une voiture nous dépasse, tous les occupants sont soudainement sujets à de violents torticolis. Lorsque nous faisons l’erreur de nous arrêter dans un parc pour manger, nous nous retrouvons vite encerclées par une quinzaine de personnes qui ne nous quittent pas des yeux. La situation est drôle, mais assez oppressante à vivre. On essaye d’éviter de s’arrêter en ville.

Ce pays nous fait aussi beaucoup penser à la Turquie. La langue y est très similaire, on est souvent invité à partager un thé et l’accueil du voyageur semble y être une institution. Un soir, nous sommes logées par le comité olympique de la ville, un autre soir  c’est Ismail et sa famille qui nous accueillent. Nos sacoches ne désemplissent pas de fruits que l’on nous offre le long de la route.

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